Odradek / Pupella-Noguès

Pôle de création et développement pour les arts de la marionnette

Nous ne faisons pas le même métier, mais…

Caroline Galmot

« Nous ne faisons pas le même métier, mais….. »

Organiser un festival, développer un projet culturel sur un territoire peut à priori sembler assez éloigné de l’écriture d’une pièce ou la réalisation d’un corps marionnettique.

Nourrie par une expérience de 10 ans au cœur de la Friche la Belle de Mai (Marseille) où la question de « l’artiste au centre » est inhérente au lieu, je ne peux aujourd’hui me détacher de l’idée que l’action artistique se pense avec des artistes. Associer une équipe artistique de la réflexion à la mise en œuvre d’une action nourrit un dialogue constant entre structure et compagnie, entre organisateur et créateur. Nous ne faisons pas le même métier, mais nous ne pouvons vivre l’un sans l’autre, nous sommes dans une interdépendance totale. La sensibilité et l’univers de l’artiste sont les socles de tout projet culturel. En lien avec sa propre démarche, l’artiste dessine des contours possibles des différentes actions et du festival, ce qu’il aimerait apporter au territoire et sous quelle forme. Réciproquement, la structure de diffusion se situe dans le prolongement du travail de création, permet une vie à l’œuvre, une rencontre avec un public.

Journaliste pendant 10 ans dans une radio culturelle marseillaise, Radio Grenouille pour ne pas la nommer, je considère mon travail, encore aujourd’hui comme « transmetteur » de la parole, de l’œuvre de l’artiste. Le support, le contexte géographique, l’environnement sont différents, et pourtant, il s’agit toujours de « transmission ». En radio on parle de médiatisation et ici de médiation, pour l’un le public est invisible, pour l’autre il est présent. L’artiste quant à lui est toujours au cœur du projet, son œuvre en est la matière, je continue à lui passer le micro….
Quel serait votre festival idéal ? C’est à partir de cette question simple, que, ensemble, la compagnie Pupella-Noguès et moi-même, avons imaginé puis posé les bases d’un renouveau à MiMa. Travailler ensemble, c’est partager une vision. Une vision concrète du festival, mais aussi une vision à plus long terme d’un théâtre de marionnettes contemporain, ouvert à d’autres formes artistiques, à l’écoute des œuvres et des artistes émergents. Quel plaisir de partager ses ressentis à la sortie d’un spectacle, de débattre de sa place ou non au sein du festival, cela nous force à argumenter, à vraiment partager l’élaboration de la programmation, pas seulement en fonction de ses goûts personnels, mais aussi dans le cadre d’un projet artistique, pensé ensemble.

Travailler avec des artistes, c’est partager une vision, une démarche, un regard sur la création. J’ai le sentiment très net au bout de ces 2 années de complicité, que nous avons partagé la part sensible et rêvée de nos métiers respectifs.

Caroline Galmot, programmation et coordination du festival MiMa, juin 2011

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