Odradek / Pupella-Noguès

Pôle de création et développement pour les arts de la marionnette

Christian Carignon et Katy Deville, Théâtres...

1) Sur quoi travaillez-vous en ce moment ?

Katy Deville : Un mémoire à rendre sur Art et Thérapie. (à Paris, j’ai vu Pippo Delbono : comment il donne force de théâtre à des gens handicapés, donc dignité ; c’est un spectacle qui va m’inspirer pendant des années et des années). Puis, il y a des livres d’Henri Bauchau (lui, me travaille aussi !) ouverts sur ma table, des signets de couleur glissés entre les pages.
« Le Journal d’Antigone ». Quatre danseurs, une scène nue, deux ou trois objets, pas plus, le bruit des pieds nus, puis le violoncelle, pour l’année prochaine.

Christian Carrignon : Un livre sur l’idée du théâtre d’objet pour dans deux ans. Deux stages, un à l’école de Charleville , l’autre à l’école de la Comédie de Saint-Étienne Et, pour décembre, un spectacle : une classe de CM2 jouée par un comédien seul. 26 boîtes à galettes bretonnes contiennent autant de secrets qu’il y a d’enfants (plus la maîtresse bien sûr). Petits secrets sans importance. Parfois terribles. Les 26 boîtes ne seront pas toutes ouvertes...

2) Est-ce que ça va ?

Malgré la période triste que nous traversons, ça va, parce que le Théâtre de Cuisine a 25 ans. Nos partenaires nous font confiance. Nous tournons beaucoup, nous intervenons dans les débats sur le jeune public, sur le théâtre d’objet... Festivals à l’étranger. Il vaut mieux avoir plus ou moins 50 ans en 2004 que 30 ans... 
Surtout, ne pas lâcher le théâtre d’objet. C’est un état d’esprit, une distance prise avec les choses. Le moteur, c’est la distanciation créée entre le comédien et l’objet qu’il « charge » d’un sens, d’une échelle, et puis tout aussitôt d’un autre sens, d’une autre échelle... À ce propos, nous préparons une deuxième édition de notre festival : spectacles + conférences sur le théâtre d’objet par Julio Molnar, Jacques Manarf, Christian...

3) Qu’est-ce qui ne va pas ?


25 ans de théâtre et être payés que 7000 balles ! Sans l’intermittence nous serions trois au Théâtre de Cuisine. Cette année 15 personnes ont travaillé dans la Compagnie. Et certaines risquent de perdre leur statut.
- Être dans le circuit jeune public, qui remonte à Catherine Dasté et Miguel Demmick, et subir encore la condescendance de quelques professionnels qui disent : « Ah, vous travaillez pour les enfants... ». Théâtre mineur pour public mineur... Et on ferme des CDN Jeune Public...

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