Odradek / Pupella-Noguès

Pôle de création et développement pour les arts de la marionnette

Claire Dancoisne, Théâtre La Licorne

Sur quoi travailles-tu en ce moment ?

Suivre les tournées est très important pour moi. Autant que cela est possible, il me plait de suivre les spectacles pour les voir évoluer, les resserrer, les rajuster quand c’est nécessaire. Rencontrer les réactions d’un public différent selon les régions, les pays. Un bébé que j’aime suivre dans sa trajectoire.

Et puis je concocte et prépare les projets sur les trois années à venir :
trois créations sur ces prochains temps. Écrire, imaginer les constructions, contacter les comédiens... et travailler à être moins énervée quand il faut faire vite !
Et puis je travaille à inscrire la Licorne dans un nouveau lieu et au projet d’Un Centre Européen pour la Marionnette et le Théâtre d’Objets dans le Nord-Pas-de-Calais. Un projet qui avance même si nos urgences ne sont pas les mêmes que les politiques !

Est ce que ça va ?

Oui ça va quand les questions se posent sur la création. Les moments que je préfère ce sont ces avants prochains spectacles et projets où tout est encore possible, où tout s’imagine, se dessine, se repense. Ça va, quand j’ai vraiment le sentiment de faire mon métier, quand je suis sur un plateau et non pas à chercher de l’argent de partout, ça va quand les projets posent encore question sur mes choix artistiques. J’aime la colère comme état. Elle met en alerte.

Qu’est ce qui ne va pas ?

Ce qui est difficile à vivre c’est souvent l’état d’urgence à laquelle nous sommes confrontés quotidiennement... et paradoxalement la difficulté de se projeter sur un minimum de trois ans à venir. Les productions étant devenues tellement longues à monter, il faut savoir se projeter tout le temps et en même temps savoir gérer au jour le jour un planning serré. Vraiment ce qui ne va pas et qui devient chaque année de plus en plus difficile ce sont les conditions de production. Je n’aime pas quand la lassitude prend le pas sur la colère.

Claire Dancoisne, juillet 2011

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