Odradek / Pupella-Noguès

Pôle de création et développement pour les arts de la marionnette

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Dés(équilibres

parcours - installation, ludique et interactif.

“...il appuie sur l’interrupteur et les petites choses se bousculent : les dominos se poussent, les murs vibrent, la lumière se réveille, l’eau coule, les images tournent, le son monte, la boule entame une révolution, les hommes tombent, le roi observe serein, les portes s’ouvrent, le chien regarde les œufs rouler, on entend une explosion au loin, l’alarme sonne, les gens sortent surpris en esquissant un sourire… il y a parmi eux un responsable à tous ces enchaînements…”

DÉS(ÉQUILIBRES est un parcours déambulatoire qui met en scène la course d’une grosse boule. Celle-ci, une fois libérée par l’action d’un spectateur tiré au sort, ne s’arrête plus et provoque de nombreuses réactions et remises en cause du statu - quo. On ne mesure pas la disproportion qui existe entre la cause et l’effet, la force qu’elle a sur son passage et les perturbations qu’elle déclenche. Le spectateur assiste impuissant, il est interpellé, d’autant qu’il est lui-même à l’initiative du mouvement. La boule hésite parfois à continuer sa route : entre chaque univers, elle traverse une période transitoire, qui plonge le spectateur dans le doute et l’incite à « encourager » la boule à poursuivre son chemin, bien qu’il ne connaisse pas les conséquences qui s’ensuivent. Le parcours est fait d’une série de « stations » différentes, interdépendantes, (le berceau-cercueil, l’humanité, la prairie, le monument aux morts, le flipper, la serre...), qui sont autant de scènes représentant la problématique de l’humanité dans un monde en déséquilibre. Toutes les actions -aussi bien mécaniques que déclenchées à distance via des capteurs et électro-aimants- sont accompagnées par la projection de vidéos et la diffusion d’une musique électro-acoustique qui contextualisent le trajet de la boule.

Distribution :

Conception, mise en scène : Joëlle Noguès
Écriture dramaturgique : Giorgio Pupella
Scénographie : Joëlle Noguès
Extraits des Textes : « les petites choses » de Jean Cagnard
Composition musicale : Rodolphe Bourotte et Nicolas Carrière
Création vidéo : Pierre Noguès
Réalisations vidéo : Dominique Leray
Mise en mécanique : Joëlle Noguès, Latifa Leforestier
Graphisme : Michel Strauss

Avec : Nicola Carrière, Cyril Deguilhem, Loïc Mirouze, Joëlle Noguès.
Production : Compagnie Pupella-Noguès avec l’aide de DRAC Midi-Pyrénées, Région Midi-Pyrénées, Département de la Haute-Garonne, DMDTS (aide à l’écriture),
CNC / Dicream, ,et le soutien du Théâtre de Cahors.

Presse :

THÉÂTRE D’OBJETS : LA MACHINE QUI FAIT PERDRE LA BOULE

La compagnie de théâtre d’objets Pupella-Nogues joue ses spectacles dans des lieux non institutionnels ou trouvent de pirouettes pour les transformer. Démonstration, actuellement, à Carré d’art avec l’installation insolite Dés(équilibres et sur la scène du théâtre de Nîmes avec le spectacle de marionnettes Et hop !(cependant... Pour ce dernier, une quarantaine de spectateurs entrent dans un petit théâtre à l’italienne, pour suivre l’errance de personnages à la Beckett.À Carré d’Art, à l’entrée, le public est prévenu : « Ceci n’est pas un spectacle. » À l’intérieur : une ingénieuse machine à rebondissements. La spectatrice n°18 est invitée à appuyer sur un bouton déclencheur.Une boule se met e branle qui fait tomber une enfilade de morceaux de bois, allume une résistance qui met en marche trois téléviseurs, poursuit sa course grâce à une goutte qui déchire une bande papier, fait escale dans un landau- cercueil d’enfant, suit des rails, active toutes sortes de mécanismes bizarres comme ce petit chien jouet au centre d’une grande poêle à paella pleine de viande dont les bords servent à enrouler la laine .Ouf ! « Il y a des petites choses comme mettre de la crème dans son café, attraper des mouches », débite une voix qui s’emballe : « Il est des petites choses : tirer sur tout ce qui bouge, porter la moitié d’une jeune fille sous le bras, etc. » Sur un écran, une bouche articule les mots, des souris de laboratoire grouillent au pied d’une foule, des Playmobils sourient béats, des gouttes rouges (de sang ?) se révèlent être du colorant rouge tombant dans un milk-shake.Fait d’objets de l’enfance, roue et chaîne de vélo, peluche, pièces de mécano ou de machine à vapeur, balles de ping-pong, rails de trains électriques, ce système infernal laisse un drôle de goût amer et I’impression que le moindre acte entraîne une suite de conséquences dont la fin est forcément la chute.

Muriel Plantier, Midi libre, Nîmes, le 7 mars 2007