Odradek / Pupella-Noguès

Pôle de création et développement pour les arts de la marionnette

Sylvie Baillon, Ches Panses Vertes

1) Sur quoi travailles-tu en ce moment ?


Je viens de créer " Ni bleu, ni blouse" sur un texte de François Chaffin. 
Ni bleu Ni blouse est né de la volonté de travailler sur la mémoire ouvrière. Le Service Spectacle Vivant de la Communauté de Communes du Piémont Oloronais – Scène conventionnée Arts de la Marionnette (64), qui a senti la nécessité de saisir les fragments d’un patrimoine humain - en particulier celui d’Oloron-Sainte-Marie - éparpillé voire ignoré, a souhaité mêler des artistes à ce travail de mémoire.
Il va être présenté à Villers Bocage et Amiens : je vais savoir si il va rencontrer un public autre que celui directement concerné par cette histoire. Même si c’était dans notre préoccupation commune de ne pas être dans du pur local, et même si j’en suis convaincue, c’est le moment de vérifier ! 
Et puis je vais entamer le prochain spectacle : "Savez-vous que je peux sourire et tuer en même temps ? " texte de François Chaffin aussi ! Ce sont deux monologues : celui d’une jeune femme qui émascule ses amants "A six heures, six sexes dans six sacs", et un monologue masculin "Richard le 3". Histoire de deux monstres. J’en ai fini, pour l’instant, avec la conquête de la légèreté. J’ai envie de sauvagerie, à l’image de ce que je reçois du monde.

2) Est-ce que ça va ?


Je peux dire que ça va. Ça dépend des jours, ça dépend des moments ... Ça dépend de ce qu’on regarde et ça dépend de ce qu’on oublie. Ça dépend de ce qu’on accueille et de ce qu’on refuse. Il faut lire Alexandre Jollien "Le philosophe nu". Il y parle des passions, et comment s’en détacher. Il ne veut plus du bonheur, mais de la joie. Je suis pour la joie.

3) qu’est-ce qui ne va pas ?


Dans la vie professionnelle, ce sentiment d’avoir toujours à prouver quelque chose. 
Dans le monde, la préférence donnée à l’argent plutôt qu’aux gens. 
L’état du projet européen. Et la méfiance de nos sociétés pour les jeunes. 
Mais ce qui me plaît beaucoup, ce sont tous ces mouvements tels Occupy Wall Street, les Indignés ... Dans une époque qui se méfie de l’action politique, voilà des mouvements qui cherchent à reprendre une parole publique qui dit non à l’idéologie dominante, c’est-à-dire le "tout financier". Et qui s’indignent là où nous sommes atteints dans notre humanité. Dans un premier temps, ne pas se résigner. Garder intacte cette faculté d’indignation me semble essentielle. Ensuite, reprendre confiance et inventer des institutions politiques qui correspondent vraiment à notre époque. Mais républicaines laïques et démocratiques.

Sylvie Baillon, novembre 2011

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